01. Le médecin généraliste
Lorsque la consommation d’alcool du patient présente des risques pour sa santé sans qu’il soit dépendant, le médecin pourra aider la personne, si elle le souhaite, à réduire sa consommation. En cas de dépendance, compte tenu de la complexité de cette maladie, le médecin pourra orienter le patient vers des professionnels spécialisés en alcoologie.
Sachez que le médecin est tenu au secret professionnel et ne pourra agir que s’il existe une demande de la part du patient. Le médecin du travail peut aussi jouer un rôle important : n’hésitez pas à lui en parler.
02. Les structures spécialisées
Les structures spécialisées comprennent les unités de soins ambulatoires, dans lesquelles les patients sont reçus pour des consultations, et les unités de soins résidentiels, dans lesquelles les patients peuvent séjourner.
Les unités de soins ambulatoires
- Les CSAPA
Les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) proviennent de la fusion récente (2007) de deux dispositifs existants : les centres de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) et les centres spécialisés de soins aux toxicomanes (CSST). Les CSAPA sont des centres médico-psycho-sociaux, c’est à dire regroupant en un même lieu des médecins, des psychologues et des travailleurs sociaux tous spécialisés en addictologie. Ils sont ouverts aux personnes en difficulté avec un produit ainsi qu’à leur entourage. Les consultations sont gratuites.
- Les consultations hospitalières d’alcoologie (ou d’addictologie)
Ce sont des consultations spécialisées, au même titre que la cardiologie, la cancérologie, etc. Elles sont le plus souvent associées à un service hospitalier d’hépato-gastro-entérologie ou de psychiatrie. Elles sont assurées par des médecins ayant reçu une formation complémentaire en alcoologie et addictologie. Les consultations sont payantes.
Les unités hospitalières
- Les unités hospitalières d’alcoologie (ou d’addictologie)
Ce sont soit des services autonomes, soit des unités intégrées dans des services de gastro-entérologie, médecine interne ou psychiatrie. Le personnel est formé à l’addictologie et propose des prises en charge spécifiques. Ces unités accueillent des patients dont l’état de santé nécessite une prise en charge spécialisée en hospitalisation. Il s’agit d’hospitalisation complète pour sevrage simple (séjour d’environ sept jours) ou complexe (séjour prolongé). - Les « post-cures »
Une post-cure correspond à un séjour dans un établissement thérapeutique spécialisé, d’une durée de quatre à douze semaines. Elle assure la transition entre l’hospitalisation pour sevrage et le retour au domicile. De nombreux programmes différents existent et possèdent chacun leurs spécificités ; néanmoins leur socle commun est une étroite prise en charge psychologique, éducative et sociale. Un suivi médical est également assuré.
- le répertoire des structures spécialisées proposé par Drogues Info Service.
- l’annuaire des structures de soins en alcoologie sur le site de la Société française d’alcoologie.
- la ligne téléphonique Ecoute alcool qui pourra vous orienter vers une structure en fonction de vos besoins : 0 811 91 30 30 (coût d’une communication locale depuis un poste fixe ; 14h-2h, 7 jours sur 7).
03. Les groupes d’entraide
(d’après l’ouvrage de Philippe Batel et Serge Nédélec : Alcool : de l’esclavage à la liberté, Editions Demos, 2007)
Historiquement, avant la création des centres spécialisés en alcoologie, l’accompagnement des alcooliques dépendants a été pris en charge par les alcooliques eux-mêmes au sein de mouvements ou d’associations créés et dirigés par d’anciens buveurs bénévoles et le plus souvent très militants, voire mystiques.
Devenus des partenaires à part entière et reconnus des intervenants en alcoologie, les anciens buveurs sont les alliés naturels et souvent indispensables des personnels soignants pour la prise de conscience et l’accompagnement des personnes malades et de leur entourage. Très nombreux, ils offrent une grande diversité de philosophies et de méthodes, permettant à chaque malade alcoolique, selon ses propres convictions ou affinités personnelles, de faire son choix, l’important étant bien de se trouver un réseau d’alliés. Leur diversité permet de répondre à la multiplicité des personnalités des malades. Il faut cependant souligner que ces groupes d’entraide sont fort inégalement répartis sur le territoire national alors que ce type d’accompagnement nécessite une proximité géographique.
Deux règles d’or : la libre adhésion et l’entraide entre pairs
Quel que soit leur nom ou leur origine, ils poursuivent tous le même objectif : s’entraider à devenir abstinent d’alcool et assurer le maintien de cette condition première du rétablissement ou de la reconstruction de sa vie.
Au-delà de leur diversité, ils s’accordent tous sur la même idée fondamentale : une personne souffrant de troubles d’alcoolisation ne peut pas s’en sortir toute seule et c’est ensemble, entre pairs, qu’elle y parviendra. Rien ne remplace le partage de l’expérience vécue.
Ces groupes fonctionnent à partir de réunions régulières et offrent ainsi la possibilité à une personne souffrant de troubles d’alcoolisation d’en rencontrer d’autres pour rompre l’isolement, partager son expérience de l’alcool, obtenir des conseils utiles et recréer des liens sociaux indispensables pour faire évoluer favorablement sa maladie. Il n’est cependant pas nécessaire d’être abstinent pour assister aux réunions. Leur fréquentation a du sens avant comme après un sevrage et surtout dans la longue durée du rétablissement. Prendre contact et vous rendre dans une réunion ne vous engage pas à adhérer, la libre adhésion est un principe essentiel, respecté par chacune de ces associations.
Ces groupes de statut associatif favorisent aussi la prise de responsabilité, l’engagement et permettent au patient de garder en mémoire qu’il a un problème d’alcool : en aidant l’autre, on s’aide soi-même. La fréquentation de ce type de groupe contribue au réapprentissage de la vie sociale et accroît fortement les chances de rémission de la maladie alcoolique.
- en parler à votre médecin,
- vous adresser au siège national de ces associations ou consulter leur site Internet (voir ci-dessous).
Fondés en 1935 aux États-Unis après la Crise de 1929 et à la fin de la période de la prohibition par Bill et Bob, les AA forment aujourd’hui le plus vaste mouvement associatif mondial d’entraide pour les malades alcooliques. Il existe en France depuis les années 1960. La seule condition pour en devenir membre est le désir d’arrêter de boire. Considérant l’alcoolisme comme une maladie incurable et progressive, les AA ont inventé un programme en douze étapes fondé sur l’entraide, l’anonymat, l’abstinence totale d’alcool, l’organisation régulière de réunions ritualisées qui s’appuient sur des valeurs spirituelles. Les AA sont présents sur l’ensemble du territoire national. Chaque groupe organise régulièrement des réunions ouvertes au public.
29, rue Campo-Formio - 75013 Paris
Accueil téléphonique : 0820 32 68 83 (7j/7, 24h/24)
Site Internet : www.alcooliques-anonymes.fr
Fondée en 1953 à Clichy, Vie Libre est un mouvement d’entraide et de solidarité, apolitique et areligieux, « de buveurs guéris, d’abstinents volontaires, de sympathisants et de jeunes ». Reconnue association d’utilité publique depuis 1963, elle est présente sur l’ensemble du territoire français, en Belgique et à la Réunion, à travers 300 sections qui organisent des réunions et des rencontres pour accompagner les malades vers la guérison.
8, impasse Dumur - 92110 Clichy
Tél. : 01 47 39 40 80
Site Internet : www.vielibre.org
Cette fédération, fondée en 1978 et reconnue d’utilité publique en 1991, regroupe plusieurs associations départementales d’information, de sensibilisation et de lutte contre l’alcoolisme. Les associations membres ("Amis de la santé") offrent leur aide aux personnes en difficultés avec l’alcool et à leur entourage, en dehors de toute opinion politique ou religieuse.
18, rue du Parc – 67205 Oberhausbergen
Tél. : 03 88 56 09 65
Site Internet : www.f-n-a-s.com
Cette structure a été créée en 1964 par une association d’anciens buveurs du Doubs à laquelle se sont joints des groupes de départements limitrophes. Elle a été reconnue d’utilité publique en 1979. Ses objectifs et son fonctionnement reposent sur une charte qui comporte deux axes : la relation d’aide avec le malade, et celle du malade et son entourage, ainsi que les relations extérieures regroupant l’information, la formation et le témoignage.
2, rue du Pré des Rosées – 86000 Poitiers
Tél. : 05 49 47 04 76
Adresse électronique : alcoolecoute-fnjs wanadoo.fr
Créée en 1984 par Laure Charpentier, écrivain, cette association est la « seule association de femmes à l’écoute des femmes malades de l’alcool ». Elle propose une guérison de la maladie qui passe par l’étape de l’abstinence totale puis celle de la réhabilitation fondée sur l’amour et le retour de la dignité. L’association organise des réunions exclusivement réservées aux femmes, des débats, des sorties et des fêtes, et publie le journal trimestriel La Soif.
7, rue Daunou – 75002 Paris ou BP 387-16 – 75768 Paris Cedex 16
Tél. : 01 40 15 90 17
Site Internet : perso.orange.fr/alcoofem
Créée en 1913 par de jeunes prêtres catholiques abstinents, la Croix d’Or française est une association d’aide et d’accompagnement des personnes en difficulté avec l’alcool. En 1998, elle s’est rebaptisée Alcool Assistance-Croix d’Or et s’est entourée d’un comité d’experts et d’accompagnement de proximité avec la présence de médecins et d’alcoologues. Membre de la Société française d’alcoologie, elle est présente dans 80 départements français et 3 500 villes, où elle organise des réunions thématiques et des groupes de parole.
10, rue des Messageries - 75010 Paris
Accueil téléphonique : 08 21 00 25 26
Site Internet : www.alcoolassistance.net
Fondée à Genève en 1877 en milieu protestant, la Croix Bleue est une association indépendante reconnue d’utilité publique en France depuis 1922 qui « affirme la possibilité de guérison de la personne alcoolique ». Pour l’accompagnement des personnes malades alcooliques et le travail de prévention, elle est présente dans 12 régions à travers 89 structures locales et gère en relation étroite avec le milieu médical 3 centres de soins en Ardèche, Nord-Pas-de-Calais et Morbihan. Chaque groupe de bénévoles se réunit régulièrement pour accueillir dans un espace de rencontre et d’écoute les membres et les nouveaux venus. Ceux-ci sont invités à prendre un engagement d’abstinence par écrit, pour une durée variable librement choisie.
189, rue Béliard - 75018 Paris
Tél. : 01 42 28 37 37
Site Internet : www.croixbleue.fr
04. L’aide à distance
L’aide à distance consiste principalement à bénéficier de l’écoute et du soutien de personnes compétentes, sur un sujet particulier (alcool, drogues, sida…), sans jamais les rencontrer. Les supports utilisés sont le téléphone et Internet. L’anonymat et la confidentialité sont garantis. Vous n’avez pas à prendre rendez-vous. En fonction du moyen que vous utilisez (téléphone, Internet) vous avez une réponse immédiate ou différée.
La ligne téléphonique Ecoute Alcool
0 811 91 30 30 (Coût d’une communication locale depuis un poste fixe ; 14h-2h, 7 jours sur 7)
Écoute Alcool est une ligne téléphonique d’aide et d’information sur l’alcool. Confidentiel et anonyme, ce service s’adresse à toute personne concernée, directement ou indirectement, par les consommations d’alcool et d’autres drogues.
Ce service pourra vous aider à trouver un professionnel ou une structure près de chez vous en fonction de vos besoins.
Le site Drogues Info Service
Le site www.drogues-info-service.fr dispose d’un espace Vos questions/Nos réponses dans lequel des professionnels répondent aux questions que vous vous posez sur les drogues (dont l’alcool) et leurs usages.
Les réponses, communiquées sous 48 heures maximum, sont publiques et consultables par tous. Sur demande de la personne qui pose la question, ou parfois pour préserver l’anonymat d’une situation délicate, certaines questions peuvent être rendues confidentielles.
La ligne téléphonique Ecoute Alcool et le site Drogues Info Service sont gérés par un groupement d’intérêt public placé sous l’autorité du ministère de la Santé.













