L’alcool et la grossesse

Comment l’alcool agit-il sur le fœtus ?

Lorsqu’une femme enceinte consomme une boisson alcoolique, l’alcool passe du sang maternel vers le sang du fœtus, au travers du placenta. La concentration en alcool dans le sang du bébé est rapidement aussi élevée que dans le sang de la mère. L’alcool est alors transporté par le sang du bébé dans tout son organisme. Il est éliminé lentement car le foie du fœtus n’est pas suffisamment développé.

Quels sont les effets de l’alcool sur le fœtus ?

Pendant la grossesse, une consommation régulière d’alcool, dès 2 verres par jour, ou des ivresses épisodiques nuisent au développement du cerveau de l’enfant : ces consommations peuvent provoquer des troubles du comportement ou un retard intellectuel (troubles de l’apprentissage, de la mémorisation, de l’attention, etc.).
Ces effets ne sont pas visibles à la naissance mais se manifestent au fur et à mesure de la croissance et du développement psychomoteur de l’enfant. Une consommation de 2 verres par jour ou plus peut également entraîner un faible poids de naissance.
Une consommation d’alcool plus importante peut, en plus de ses conséquences néfastes sur le cerveau et le poids de naissance, toucher d’autres organes et provoquer des malformations.

Qu’est-ce que le syndrome d’alcoolisation fœtale ?

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) a été décrit pour la première fois en 1968 par un pédiatre français, le Dr Lemoine. Le SAF est l’effet le plus grave de la consommation d’alcool pendant la grossesse. Il se manifeste par un retard de croissance, des anomalies faciales, des malformations du cerveau, des troubles du comportement et un retard du développement intellectuel (problèmes d’apprentissage, de mémoire, d’attention, etc.). Ces dommages sont irréversibles.
Le SAF est observé pour des consommations importantes, mais tous les enfants nés de femmes consommatrices excessives d’alcool n’en sont pas atteints. On estime que le SAF concerne entre 0,5 et 3 naissances sur 1000.
Entre des troubles intellectuels ou comportementaux mineurs et les formes les plus graves de SAF, tous les degrés d’atteinte peuvent exister.

Quelle quantité d’alcool une femme enceinte peut-elle boire sans prendre de risque pour son bébé ?

Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de déterminer un niveau de consommation d’alcool qui serait sans risque pour l’enfant à naître. Autrement dit, il n’y a pas de quantité d’alcool en dessous de laquelle on peut dire avec certitude qu’il n’y a pas de risque. Bien sûr, si une femme enceinte boit un verre de temps en temps, le risque est plus faible que si elle boit régulièrement de grandes quantités d’alcool. Mais toutes les occasions de consommation, qu’elles soient régulières ou ponctuelles, font potentiellement courir un risque au bébé.
En vertu du principe de précaution, il est donc recommandé aux femmes enceintes de s’abstenir de toute consommation d’alcool dès le début de leur grossesse et pendant toute la durée de celle-ci.

A quel moment de la grossesse le fœtus est-il le plus sensible aux effets de l’alcool ?

Le cerveau du fœtus se développe tout au long de la grossesse (et même après la naissance). La toxicité de l’alcool pour le cerveau peut donc se manifester durant toute la grossesse.
Ainsi, si une femme enceinte boit de l’alcool, quel que soit le moment, cette consommation peut avoir des effets néfastes sur le cerveau du fœtus.

Le vin et la bière sont-ils moins dangereux pour le fœtus que les alcools forts ?

Toutes les boissons alcooliques (vin, bière, rhum, vodka, whisky, pastis, etc.) contiennent la même molécule, appelée éthanol. C’est cette molécule qui est dangereuse pour le bébé. Toutes les boissons représentent donc le même danger.

Pourquoi y a-t-il un dessin représentant une femme enceinte sur les bouteilles d’alcool ?

L'alcool et la grossesseDepuis le 3 octobre 2007, toutes les unités de conditionnement de boissons alcooliques doivent porter un message recommandant aux femmes enceintes de ne pas consommer d’alcool. Ce message peut prendre la forme d’un pictogramme ou d’une phrase : « La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant ».
Cette mesure a été prise afin de sensibiliser l’ensemble de la population (les femmes enceintes, celles qui le seront dans les années à venir, mais aussi leur entourage) aux risques liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse.
Pour en savoir plus sur cette mesure, consultez le site du ministère chargé de la Santé

Tout le monde connaît des femmes qui ont bu de l’alcool lorsqu’elles étaient enceintes et dont les enfants vont bien : que peut-on en conclure ?

Toute consommation d’alcool pendant la grossesse est susceptible de présenter un risque. Cela ne signifie pas que les effets néfastes apparaîtront forcément, mais qu’ils ont de plus fortes chances de se manifester (de la même façon que tous les fumeurs n’ont pas un cancer du poumon).
Il n’est pas possible de tirer des conclusions à partir de quelques exemples autour de soi. Il faut étudier ce qui se passe sur un grand nombre de personnes pour déterminer les risques : c’est ce que font les scientifiques qui travaillent dans le domaine de la santé publique.

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